Réflexion & Pensée

[Éthique Animale #1] Ce jour où ta conscience te gifle et t’empêche de dormir !

MLK

Si aujourd’hui l’esclavage est une page sombre de notre histoire qui me laisse sans voix, je me suis souvent demandée, perplexe et sidérée, comment l’Homme Blanc a pu exploiter l’Homme Noir durant des siècles et des siècles et à travers le monde en toute liberté sans se poser la moindre question sur cette « tradition », sans même se douter que ce qu’il était en train de faire était injuste et immoral…Comment a-t-il pu être persuadé être la race supérieure et croire dur comme fer que l’Homme Noir était moins doué de sensations, de sentiments, d’intelligence et qu’il était sur Terre pour servir l’Homme Blanc… Comment celui-ci a-t-il pu s’octroyer le droit de vie et de mort sur le Noir et lui infliger autant de souffrance et d’humiliation ? Comment a-t-il pu penser une seule seconde que la différence de race était un critère suffisant pour justifier cet asservissement ?

« Si la cruauté humaine s’est tant exercée contre l’homme, c’est trop souvent qu’elle s’était fait la main sur les animaux ». – Marguerite Yourcenar –

Un jour, après avoir appris que l’humain n’avait aucune nécessité physiologique à manger les animaux, j’ai alors trouvé dans mon assiette une partie de ma réponse : Je ne mangeais pas de la viande, non, je mangeais le corps sans vie d’un « esclave » meurtri et tué pour assouvir, non pas un besoin vital, mais un plaisir égoïste… Elle est là, la gifle !

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Et si les raisons pour lesquelles l’exploitation des Noirs a existé et perduré étaient les mêmes pour lesquelles l’exploitation des animaux existe et perdure ?

Je peux parfaitement comprendre que ce genre de comparaison surprenne voire choque. Personne n’a envie d’être le  méchant de l’histoire et réaliser que son attitude qu’il croit  normale est en réalité abominable. Mais les « méchants » de l’histoire ont agi par idéologie et aussi fou que cela puisse paraître, ils pensaient donc bien faire, du moins, ils pensaient faire ce qu’il fallait… sinon, comment expliquer que des crimes de masse tels que l’Holocauste Juif et l’esclavage des Noirs ont pu compter autant de partisans ! Je ne suis pas en train de les excuser, loin de là, j’essaye juste de comprendre l’incompréhensible ! Comment autant d’individus ont-ils pu participer à ces crimes sans douter de leur actes ? Etaient-ils vraiment « méchants » ou tout simplement ignorants et aveuglement emportés dans un mouvement de foule ?

« Le principal fléau de l’humanité n’est pas l’ignorance, car l’ignorant à souvent des excuses, mais le refus de savoir » – Simone De Beauvoir –

Nous pensons faire la différence entre le bien et le mal et nous avons des valeurs morales fortes sur lesquelles se base notre éducation : la non-violence, le respect de soi et de son prochain, l’altruisme, la compassion, etc. Alors comment peut-on expliquer que dans un mouvement de foule, nous allons à l’encontre de ces valeurs morales ?

Persuadés être l’espèce supérieure, convaincus être le maillon fort de la chaîne alimentaire ayant un besoin vital en protéine animale il nous parait donc normal et nécessaire de manger les animaux… Nous nions leur sentience, nous les croyons dépourvus de sentiments, de désirs, de sensations et d’intelligence…  on s’octroie le droit de vie et de mort sur leur espèce juste parce que ce sont des animaux. Comment pouvons-nous être autant convaincus que les animaux sont sur Terre pour nourrir et servir l’humanité ? Comment pouvons-nous penser que la différence d’espèce est un critère suffisant pour justifier leur asservissement ?

“Les animaux du monde existent pour leurs propres raisons. Ils n’ont pas été créés pour les humains, pas plus que les noirs n’ont été créés pour les blancs ou les femmes pour les hommes.” – Alice Walker –

En mangeant chaque jour des animaux ne faisons-nous pas preuve d’un grotesque aveuglement ? Il me semble que nos valeurs morales profondes soient écorchées à chaque fois que nous mordons dans la hanche d’une poule, le foie d’un veau, la cuisse d’un cochon ou la côte d’une vache. Car, soyons clairs, si la viande n’est pas nécessaire à l’Homme, alors seuls le plaisir gustatif, les traditions et l’habitude peuvent justifier que nous continuons à en manger. Or, payer pour tuer un être sensible qui ne veut pas mourir, par habitude, dans le seul but d’assouvir un plaisir gustatif, ou perpétuer une tradition est aussi condamnable que tuer les animaux pour les corridas, la fourrure, l’ivoire, etc. Tuer pour se vêtir (fourrure, cuir, laine, cachemire, soie) peut sans doute nous paraître plus « superficiel » et « honteux » que tuer pour se nourrir (viande)… Mais partant de l’idée que l’homme n’a plus la nécessité de s’habiller de peau de bête ni de se nourrir de sa chair, ne devrions-nous pas condamner la viande au même titre que la fourrure ?

« Rien ne pourra être plus bénéfique à la santé humaine ni accroître les chances de survie de la vie sur la Terre, qu’une évolution vers un régime végétarien. L’effet physique qu’exercerait un mode de vie végétarien sur le tempérament humain aurait une influence extrêmement positive sur l’humanité  » – Albert Einstein –

Sous la torture d’un bourreau, emprisonné derrière des barreaux, dans une cage puis un camion, dans le couloir de sa mort… L’animal n’est pas inférieur à nous, il est semblable. Sa vulnérabilité, sa détresse et sa souffrance égalent les nôtres. Face à sa mort et dans son agonie, sa frayeur est humaine, sa vie lui échappe et jusqu’à son dernier souffle il se débattra pour la sauver… L’animal n’est pas « quelque chose », il est « quelqu’un ».

« La nature a créé des différences, l’Homme en a fait des inégalités » -Tahar Ben Jelloun-

Il n’est pas question ici, de vous dire qu’un animal est un humain. De la même manière, si je vous parle de sexe, un homme n’est pas une femme, si je vous parle de couleur de peau, un Blanc n’est pas un Noir, si je vous parle de religion, un musulman n’est pas un catholique, si je vous parle de couleur de cheveux, un blond n’est pas un brun, si je vous parle d’orientation sexuelle, un homosexuel n’est pas un hétérosexuel… bref, on pourrait passer notre vie à se trouver des différences à l’infini, mais si je vous parle d’être sensible, nous pouvons tous aller dans le même panier. Face à la douleur et à la mort, nous sommes tous égaux, absolument tous… ni notre couleur de peau, notre orientation sexuelle, notre sexe, notre religion et ni notre espèce ne devrait justifier quelconque oppression, maltraitance ou meurtre.

« Aussi longtemps que les hommes massacreront des animaux, ils se tueront entre eux. En effet, celui qui sème les graines du meurtre et de la souffrance ne peut pas récolter la joie et l’amour. » – Pythagore –

La question ici, n’est pas, non plus, d’aimer les animaux et vous roulez dans l’herbe avec eux, mais juste d’accepter le fait qu’ils ne sont pas là pour nous, mais avec nous! Personne ne peut nous obliger à aimer tel ou tel individu, mais il en va de notre responsabilité morale de faire en sorte de vivre TOUS ensemble sur une même planète sans se nuire quelque soit notre race, notre orientation sexuelle, notre sexe ou notre espèce… Nous sommes tous des Terriens et au même titre que nos enfants et nos infirmes, les animaux sont des êtres vulnérables qui doivent bénéficier de notre protection plutôt que de notre domination. C’est là, une pure question d’altruisme.

« L’animal ne demande pas qu’on l’aime, il demande qu’on lui fiche la paix » -Théodore Monod –

Minimiser la traite des Noirs n’est pas, non plus, mon intention. Le sang des esclaves et de leurs bourreaux coule dans mes veines, je suis une sang mêlée et je me refuse à oublier cette sombre page de notre histoire… mais, j’ai désormais ouvert les yeux sur l’esclavage des animaux… les refermer, me rendrait complice de leur enfer, me taire, ferait de moi un bourreau et vous déculpabiliser, ferait de moi une hypocrite.

Je vais achever ma réflexion par une citation de Jeremy Bentham qui m’a fait profondément réfléchir, en espérant qu’elle vous aidera aussi à comprendre le sens de mon billet du jour :

BENTHAM Jeremy né le 15 février 1748 à Londres et mort dans cette même ville le 6 juin 1832 était un philosophe, jurisconsulte et réformateur britannique.

« Les Français ont déjà découvert que la noirceur de la peau ne constitue pas une raison justifiant qu’un être humain soit abandonné sans recours possible aux caprices de quelqu’un qui le tourmente. Un jour viendra peut-être où on reconnaîtra que le nombre de pattes, la villosité de la peau ou la terminaison de l’os sacrum sont des raisons également insuffisantes pour abandonner un être sensible au même sort. (…) Un chien ou un cheval adulte, est, au delà de toute comparaison possible, un être plus rationnel, et aussi plus apte à la conversation, qu’un nouveau-né d’un jour, d’une semaine ou même d’un mois. Mais, à supposer même qu’il en soit autrement, que s’ensuivrait-il ? La question n’est pas : « peuvent-ils raisonner ?» ou « peuvent-ils parler ?» mais: « peuvent-ils souffrir ?» — Jeremy Bentham, An Introduction to the Principles of Morals and Legislation (éd. 1780)124

Sachez que le végéta*isme est le régime le plus adapté à l’Homme et que de nombreuses personnalités ont opté pour cette forme d’alimentation par altruisme pour les humains, les animaux et la planète. Nous ne pouvons pas espérer un monde meilleur en ayant des estomacs remplis de souffrances et d’agonies. Pensez-y  🙂

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